Trois jours durant, le village de Guessihio, dans la sous-préfecture de Gagnoa, a vibré au rythme des retrouvailles familiales, de la fraternité et de la valorisation du patrimoine culturel. Du vendredi 21 au dimanche 23 août 2026, la famille Gnawôyoué a organisé la première édition de son festival, une initiative placée sous le signe du brassage, de la transmission intergénérationnelle et de la consolidation des liens historiques.
Initiée par le Révérend Père Jacques Kouassi, prêtre du diocèse de Yamoussoukro et membre de la famille, cette manifestation, lancée en juin 2026, a réuni près de 200 participants venus de différentes régions de la Côte d’Ivoire. Toutes les générations de la famille ont pris part à ces retrouvailles qui se sont déroulées dans une atmosphère chaleureuse et fraternelle.
Retrouver ses racines pour mieux préparer l’avenir
Au-delà de son caractère festif, le festival s’est voulu un véritable espace de réflexion sur les origines et la généalogie de la famille Gnawôyoué, ainsi que sur la place et l’importance du neveu dans la société bété.
Pour Hermann Gnahoua, président du comité d’organisation, cette rencontre répond à une ambition essentielle : « connaître nos ascendants de la lignée maternelle et se retrouver pour mieux se connaître ». Il s’agit également, selon lui, de rassembler l’ensemble des membres de la famille, de développer des initiatives sociales et génératrices de revenus, de promouvoir l’entraide et de préserver les coutumes.
À travers cette démarche, la famille entend ainsi renforcer les liens familiaux et intergénérationnels, tout en mettant en valeur les héritages culturels bété et baoulé. La transmission des valeurs, la solidarité et la préservation des langues, traditions et coutumes figurent également parmi les priorités affichées.
La culture au cœur des festivités
Durant ces trois jours, plusieurs activités ont permis aux participants de renouer avec leur patrimoine culturel et leur histoire familiale. Des ateliers consacrés à la généalogie ont notamment permis de mieux comprendre les origines de la famille Gnawôyoué.
Les participants ont également été initiés aux danses traditionnelles, aux contes et aux proverbes locaux. Une projection consacrée à la prévention des conflits familiaux a, par ailleurs, ouvert la réflexion sur les moyens de préserver durablement l’unité et la cohésion au sein de la famille.
Concours culinaire, quiz sur l’histoire familiale, prestations de chansonniers, jeux et danses ont également rythmé cette première édition, plongeant le village de Guessihio dans une ambiance particulièrement festive.
La foi et la transmission au cœur des retrouvailles
La dimension spirituelle n’a pas été en reste. Deux célébrations eucharistiques, marquant respectivement l’ouverture et la clôture du festival, ont été présidées par le Révérend Père Jacques Kouassi à la paroisse Saint-Jean-Marie-Vianney de Guessihio.
Un panel consacré à la généalogie de la famille Gnawôyoué a également constitué l’un des temps forts de la manifestation. Il a été animé par le Révérend Bailly Honoré et le Professeur Kouassi Ouffoué Théodore, sous la modération de Gnahoua Djédjé Boniface et de Boyou Toussa, présentés comme de grands dépositaires de la mémoire familiale.
Ces échanges ont permis de mettre en lumière l’importance de la transmission de la mémoire entre les générations et la nécessité, pour les plus jeunes, de mieux connaître leurs origines afin de préserver l’héritage familial.
Une initiative appelée à essaimer
Pour le Dr Hervé Didi Gnahoua, fils de la famille et proche collaborateur du député de Sifié-Worofla-Kamalo, le Président Dr Aboulaye Méité (PDAM), ces retrouvailles dépassent le cadre strictement familial. Elles pourraient, estime-t-il, servir de modèle à d’autres familles désireuses de se retrouver, de préserver leur patrimoine et de contribuer au développement de leurs localités.
À travers cette première édition, la famille Gnawôyoué entend ainsi inscrire ses retrouvailles dans la durée et faire de ce rendez-vous un instrument de cohésion, de solidarité et de développement. Une ambition qui pourrait contribuer à l’émergence d’une dynamique collective entre les familles de Guessihio et, plus largement, celles de la sous-préfecture de Gagnoa.
Sylvain Dakouri, envoyé spécial
Légende : Des membres de la famille Gnawôyoué à l’issue de la messe de clôture du festival.



