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Après son passage devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies dans le cadre du quatrième cycle de l’Examen périodique universel (EPU), la Côte d’Ivoire entre désormais dans une phase décisive : celle de la mise en œuvre des recommandations formulées à son endroit. Évalué le 5 novembre 2024, le pays avait reçu 273 recommandations, dont 226 acceptées, dix partiellement retenues et 37 simplement notées. Le rapport final a été officiellement adopté le 24 mars 2025.

Afin d’accompagner cette nouvelle étape, la Fondation Friedrich Naumann et le Conseil national des droits de l’homme (Cndh) ont organisé, le 6 mai dernier à la Rotonde de l’Assemblée nationale, une rencontre d’échanges avec les députés et sénateurs. Cette initiative s’inscrivait en marge de la 10e session délocalisée de l’Institut international des droits de l’homme (Iidh) tenue à Abidjan.

Cette rencontre visait principalement à permettre aux parlementaires de mieux s’approprier les conclusions de l’EPU, tout en réfléchissant aux mécanismes nécessaires pour assurer un suivi efficace des engagements pris par l’État ivoirien en matière de droits humains.

Prenant la parole, le secrétaire général du Cndh, Hassane Diané, a insisté sur le rôle central du Parlement dans ce processus. Selon lui, l’institution parlementaire, investie du pouvoir législatif et du contrôle de l’action gouvernementale, demeure un acteur incontournable dans l’application concrète des recommandations issues de l’EPU.

Il a souligné la nécessité d’engager des réformes législatives adaptées et de mettre en place un cadre de collaboration entre le Parlement, le gouvernement et le Cndh.

Pour lui, la réussite de cette phase dépend également d’une implication active des élus et des organisations de la société civile dans le suivi démocratique des engagements pris.

Même engagement affiché par Daouda Seck, directeur adjoint Afrique de l’Ouest de la Fondation Friedrich Naumann. Il a estimé que les questions liées aux droits humains ne sauraient être confinées aux seules sphères diplomatiques ou aux experts internationaux. À l’en croire, le Parlement reste l’un des piliers essentiels de la protection des libertés et des droits fondamentaux, à travers le vote des lois, le contrôle des politiques publiques et l’évaluation de l’action gouvernementale.

Représentant le président de l’Assemblée nationale, Dah Sansan Tilkouété a exhorté les parlementaires à jouer pleinement leur partition dans cette phase de mise en œuvre. Il a présenté l’EPU comme une véritable opportunité de consolidation démocratique et de progrès institutionnel pour la Côte d’Ivoire.

Le président de la Cagi a également rappelé que depuis 2011, le Parlement ivoirien a ratifié l’ensemble des instruments internationaux relatifs aux droits humains, renforçant ainsi l’image d’un pays engagé dans le respect de ses obligations internationales.

Pour conclure, il a appelé à un renforcement de la coopération entre le gouvernement, les institutions nationales des droits de l’homme et les organisations de la société civile afin de garantir un suivi rigoureux des recommandations. Car, selon lui, aucun progrès durable ne peut être atteint sans une volonté politique et un engagement sincère de tous les acteurs concernés.

Sylvain Dakouri

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