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Abidjan/Lusaka, le 07 août 2026 – À moins d’une semaine des élections législatives cruciales du 13 août 2026 en Zambie, la tension monte autour du respect des libertés fondamentales. Dans un communiqué officiel rendu public ce vendredi 07 août, la Net Rights Coalition un vaste collectif panafricain de défense de la liberté sur Internet exhorte le gouvernement zambien à garantir le respect strict des droits numériques, le libre accès à l’information et la sécurité des journalistes avant, pendant et après le scrutin.

Cette prise de position fait suite à une vague d’interpellations, de détentions et de convocations visant plusieurs journalistes zambiens depuis le début de l’année. En cause : la mise en œuvre controversée de la loi n° 4 de 2025 sur la cybercriminalité, promulguée malgré les vives réserves émises par la société civile.

En parallèle, la Haute Cour de Zambie a été saisie par diverses organisations des droits de l’homme contestant certaines dispositions des lois n° 3 et n° 4 de 2025 sur la cybersécurité et la cybercriminalité. Les plaignants dénoncent notamment les mécanismes de surveillance et d’interception des communications, jugés liberticides et menaçants pour le secret des sources, le journalisme d’investigation et le débat citoyen en période électorale.

La mémoire collective reste marquée par le précédent d’août 2021. Lors des dernières élections présidentielles, la Zambie avait connu la toute première coupure d’Internet de son histoire imposée par l’État, bloquant l’accès aux réseaux sociaux au moment clé du dépouillement.

Face à ce précédent et à la dérive sécuritaire actuelle, la coalition rappelle au gouvernement ses engagements internationaux. Le texte invoque expressément l’article 19 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, qui impose aux États de garantir la sécurité, la non-ingérence et le libre accès à l’information.

De même, le collectif s’appuie sur le principe 38(2) de la Déclaration de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que sur sa Résolution 580, réaffirmant l’interdiction stricte de toute perturbation des réseaux numériques durant les processus électoraux.

Pour assurer un scrutin transparent, inclusif et crédible, la Net Rights Coalition interpelle directement les institutions publiques zambiennes et formule plusieurs exigences majeures. Elle demande avant tout d’offrir un environnement sécurisé et libre permettant aux journalistes d’informer la population sans crainte de représailles ou de détentions arbitraires.

La coalition exige également la garantie d’un accès ininterrompu à Internet, aux réseaux sociaux et à l’ensemble des plateformes de communication sur le territoire. Enfin, elle invite le gouvernement à amender en profondeur la législation sur la cybersécurité qui entrave l’exercice des droits fondamentaux, de la liberté d’expression et du droit à la vie privée.

Le communiqué rassemble un réseau impressionnant d’organisations internationales et régionales, parmi lesquelles Avocats Sans Frontières France, Paradigm Initiative, la Zambia Free Press Initiative, les Blogueuses de Zambie, le MakanDay Centre for Investigative Journalism, ainsi que de nombreux acteurs de défense des droits numériques en Afrique de l’Ouest, Centrale et Australe.

Alors que le compte à rebours est lancé pour le scrutin du 13 août, les yeux de la communauté internationale et des observateurs électoraux restent rivés sur Lusaka.

JMB

 

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