Abidjan Capital du rire


Le président Félix Houphouët-Boigny, dès son avènement au pouvoir, avait mis un accent sur l’éducation, la formation des Ivoiriens, la santé, l’agriculture, etc. dans le but de la création d’une nation où le vivre ensemble serait le pilier central de la réussite de ses objectifs, eu égard à la multitude des groupes ethniques en Côte d’Ivoire. Avec plus de 70 groupes ethniques en Côte d’Ivoire, qui représentent 70 cultures différentes, quelques fois diamétralement opposées, Félix Houphouët-Boigny savait que la construction d’une vraie nation était la priorité des priorités. Dans sa volonté inébranlable de faire vivre ensemble toutes ces ethnies sans heurts ni guerres civiles, dans un esprit de fraternité, de tolérance et de paix, par exemple, sous son règne, on affectait les fonctionnaires loin de leur région d’origine, à travers toute la Côte d’Ivoire. Une politique administrative qui a favorisé des brassages et métissages de groupes ethniques, et qui a été le socle de la paix pendant de longues décennies. Cette même politique a été appliquée au niveau des orientations des élèves et des étudiants. C’est ainsi que des élèves originaires du Nord de la Côte d’Ivoire étaient orientés au Centre, à l’Ouest, à l’Est et au Sud, loin de leurs parents. Dans ce même esprit, des élèves du Sud de la Côte d’Ivoire étaient orientés dans les collèges et lycées situés au Nord, au Centre, à l’Est et à l’Ouest. Et vice versa. Toute cette politique pour permettre aux Ivoiriens de tous horizons, d’apprendre à se connaitre, à s’aimer et à se tolérer. Si jusqu’ici, en dépit des crises qu’elle a connues, la Côte d’Ivoire n’a pas sombré dans une guerre civile, c’est grâce à cette ingénieuse politique de brassage et d’échanges culturels du père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny qui a fait que chaque Ivoirien a au moins un membre de sa famille qui se retrouve dans les autres familles de chaque région de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, c’est cette politique du vivre ensemble, chère au père de la nation, que Henri Konan Bédié vient de briser à Daoukro. Dans sa course effrénée du pouvoir, Bédié s’est permis d’opposer les populations baoulés aux populations malinké qui jusqu’ici, vivaient en paix et en harmonie depuis de nombreuses années. Mieux, des mariages et des alliances se sont contractés dans ces différentes communautés, pendant des décennies, au point d’en faire d’elles une seule société viable et paisible avec des intérêts communs. Malheureusement, pour la recherche de son pouvoir personnel, Bédié a poussé ses communautés à s’entretuer. Comment va-t-il désormais s’y prendre pour les rapprocher ? Que fera-t-il des baoulé qui se sont mariés avec des malinké ? Est-ce que ceux des baoulé qui se sont mariés avec des malinké vont divorcer ? Qu’adviendra-t-il de leurs enfants ? Comment peut-on diviser des populations qu’on prétend vouloir diriger ? Quelle Côte d’Ivoire Bédié va-t-il diriger, s’il détruit le vivre ensemble ? Bédié qui a brisé le pacte sacré qui existe depuis plus d’un siècle entre baoulé et malinké à Daoukro peut-il prétendre encore diriger la Côte d’Ivoire ? Assurément pas ! A travers les événements tragiques et douloureux de Daoukro, il vient de démontrer qu’il n’est pas à la hauteur. Bédié est d’autant disqualifié qu’il n’a pas tiré les leçons du passé. Tout le monde se pose la question de savoir une autre présidence pour Bédié pour quoi faire. A collectionner les bouteilles de champagnes ? Les bouteilles de vin ? Les tonnes de cigares ? Ou de former un gouvernement en nommant des ministres, à l’image de Guikahué, pour détourner les aides extérieures (18 milliards de l’Union européenne) ? Peut-il continuer l’immense travail qu’abat actuellement le RHDP sachant qu’il en a pas la compétence ? Après avoir mis à mal l’unité nationale, vingt ans en arrière (ce qui lui a valu un coup d’Etat en décembre 1999), Henri Konan Bédié vient de récidiver encore à Daoukro. Il vient de détruire tout ce qui est cher au président Houphouët-Boigny, c’est-à-dire le « Vivre ensemble ». Donner la Côte d’Ivoire à un tel homme serait suicidaire pour tous les habitants de ce pays. Les Ivoiriens sont fatigués des crises répétitives. C’est pourquoi, le 31 octobre 2020, il ne faut pas se tromper. Le « un coup KO » aura bel et bien lieu. Car, les Ivoiriens savent faire le bon choix.

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